Retrouvez l’interview de Simon Borel, sociologue à l’ObSoCo.

 

Quelles sont les tendances stables du crédit à la consommation qui ressortent de l’étude ?

Simon Borel. Le crédit à la consommation revient en 2018 à son niveau de 2010. Entre les deux, il avait baissé jusqu’en 2014 avant de remonter pour atteindre son niveau actuel, toujours tiré par l’achat de véhicules, le financement de travaux et l’achat de biens d’équipement. L’étude montre aussi que les familles nombreuses et les ouvriers sont toujours parmi les profils ayant le plus recours au crédit. La part de ces ménages en région Hauts-de-France explique d’ailleurs qu’elle soit en tête du taux de détention de crédit à la consommation.

 

Certaines régions connaissent-elles une évolution dans le recours au crédit ?

S.B. En effet, on observe un basculement du recours au crédit de l’Est de la France vers l’Ouest. On l’explique par l’attractivité économique de ces régions et la qualité de vie qu’elles proposent. De nombreux ménages jeunes ou au contraire plus âgés viennent s’y installer, attirés par le faible taux de chômage et le cadre de vie. Or typiquement ces jeunes familles ont davantage recours au crédit que la moyenne des ménages, car elles ont plus de besoins du fait de leur installation dans un nouveau logement, de l’arrivée des enfants, etc.

 

Que traduit cette étude du moral des ménages français ?

S.B. Ce qui ressort des résultats, c’est l’augmentation du recours au crédit pour financer des imprévus. Cette nouveauté peut traduire une difficulté à épargner, mais ça montre aussi une meilleure confiance en l’avenir liée à l’amélioration de conjecture économique. C’est d’ailleurs confirmé par l’augmentation du recours au crédit chez les 25-34 ans, c’est-à-dire les jeunes actifs.

 

L’étude pointe-t-elle des tendances inattendues ?

S.B. On note en effet une diminution du recours au crédit dans les classes populaires et chez les familles nombreuses, qui sont habituellement les plus équipées. On interprète pour le moment cette baisse comme étant liée en grande partie aux lois Hamon et Lagarde qui durcissent l’accès au crédit. Mais si la tendance venait à s’installer dans le temps, elle pourrait aussi traduire un changement en profondeur du rapport à la consommation, avec une volonté nouvelle de consommer moins, mais mieux.

 

 

 

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