Malmenés par la crise sanitaire et économique en 2020, les Français ont été nombreux à subir un ou plusieurs imprévus financiers. Et face à ces turbulences, l’épargne personnelle n’est pas la seule bouée de sauvetage.

Des imprévus en forte hausse

Au cours d’une année marquée par des périodes de confinement, le recours massif au chômage partiel et un recul sans précédent de l’activité économique, près d’un tiers des Français (29%) ont été confrontés en 2020 à un imprévu financier. En moyenne, les personnes touchées en ont subi deux dans l’année. Alors que les imprévus moyens par foyer se chiffraient à 1 926€ en 2016, leur montant a explosé pour atteindre 3 624€. Un record.

Ces chiffres impressionnent d’autant plus quand on sait que les imprévus financiers frappent surtout les Français les moins aisés. Une grande proportion de familles monoparentales (62%) y a été confrontée, tout comme la moitié des foyers précaires vivant avec 1 000€ ou moins chaque mois (49%), sans oublier plus d’un tiers des moins de 35 ans (38%) ou des CSP- (37%). Et le phénomène s’est accentué alors que 80% des Français disent faire preuve de prudence financière et que 34% affirment même avoir été plus prévoyants en 2020.

 

L’impact du chômage et de la baisse d’activité

Confinements et arrêts d’activité ont tiré les revenus des Français à la baisse, expliquant en partie cette flambée d’imprévus financiers : 19% des personnes interrogées disent avoir subi une perte financière liée au chômage partiel, 15% à la suite d’un arrêt total d’activité et 8% après une perte pure et simple de leur emploi. Conséquence logique : un sentiment d’inquiétude a prospéré. Plus de Français que d’ordinaire (34%) ont ainsi craint de devoir faire face à un imprévu budgétaire, un chiffre qui grimpe à 62% chez les familles monoparentales et 42% chez les moins de 35 ans.

En 2020, les effets de la crise du Covid-19 se sont en réalité surajoutés aux habituels imprévus financiers. Les plus fréquents d’entre eux demeurent des pannes ou un remplacement de véhicule (35%), les pannes d’appareils électroménagers ou les travaux d’urgence dans le logement, sans oublier les frais de santé (26%).

Le crédit à la consommation, la troisième voie

Alors, comment les Français ont-ils réagi ? Le premier recours a consisté à puiser dans l’épargne personnelle (62 %) … Problème : tout le monde ne dispose pas de réserves. Alors que 50% des familles avec enfants optent pour cette solution de secours, seules 36% des familles monoparentales peuvent se le permettre.

Si la modification des habitudes de consommation a été la deuxième solution la plus choisie, elle se révèle de moins en moins acceptée et accuse une chute de 11 points depuis 2016. À noter aussi que les plus jeunes privilégient de leur côté le duo épargne personnelle et renoncement à un achat coup de cœur.

Pour tout le monde enfin, le crédit à la consommation, alternative en forte progression (+8 points en quatre ans), s’est imposé comme la troisième bouée de sauvetage face aux imprévus financiers. Outil de financement personnel sollicité en contexte de crise, il s’ancre dans les esprits et les habitudes des Français.

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